mercredi 11 août 2010

L'Horizon - Patrick Modiano

Gallimard nrf – 2010 – 172 pages

Le dernier livre de Patrick Modiano, L’Horizon, raconte une rencontre, celle de deux personnages aussi perdus l’un que l’autre, réunissant la plupart des traits chers à l’auteur.

Le narrateur tente de se souvenir de cette rencontre, des jours qui ont suivi, et part à la recherche de celle qu’il a rencontrée au hasard d’une bousculade, dans Paris.

Modiano est fidèle à son style feutré, où les mots sonnent comme dans une église vide, comme dans le creux de l’édifice de la mémoire, où chaque objet mène à un autre, où rien n’est jamais vraiment sûr. Les phrases sont simples, leur complexité réside ailleurs, dans leur sens, dans ce qu’elles cachent, ou plus simplement ce qu’elles taisent.

Le début du livre est légèrement embrouillé, le lecteur ne comprend pas immédiatement ce qui se passe, mais il ne faut surtout pas se laisser décourager par ces quelques pages obscures. Très vite le récit prend forme et les retours en arrières sont mieux gérés, mieux insérés dans le texte.

Les personnages ont leur dose de mystère. Bien que le lecteur finisse par connaître la plupart de leurs secrets, ils restent tout de même énigmatiques dans leur caractère, leur comportement. Il y a toujours cette recherche d’un passé oublié, d’une raison qui pourrait expliquer la succession des faits. Cela ressemble presque à une enquête policière à double point de vue.

Ici cependant, ce livre se distingue par son élan vers l’avenir, là où souvent les personnages de Modiano restent tournés vers le passé.

Finalement, Modiano nous fait plonger une fois de plus dans cet atmosphère feutré, si particulier qui est le sien, où il ne faut pas chercher à savoir, mais à comprendre, à aimer les personnages de manière quasi maternelle.