
Albin Michel – 2010 – 155 pages
Aux premiers jours de septembre 1858, le navire parvient enfin à destination. Bangkok et son archipel d’îlots, ses murs de pierre chauffées au soleil, ses maisons et ses boutiques flottantes, ses jardins et sa végétation tropicale, ses palais royaux et sa vie lacustre qui en font, comme le diront plus tard d’autres voyageurs, la Venise de l’Orient.
p. 73
Pour son dernier livre, Maxence Fermine, auteur découvert avec Neige et Le Violon noir, s’inspire de la biographie d’un explorateur oublié de l’histoire, Henri Mouhot, parti au Siam à la recherche d’un papillon, à la place duquel il trouvera les ruines de la ville d’Angkor.
Dès le début, l’utilisation du présent met le lecteur mal à l’aise, sans trop comprendre pourquoi. De fait, le livre est parcouru par une mauvaise gestion des temps, où le passé et le présent cohabitent malhabilement. Il est difficile de rentrer dans le livre, et lorsqu’il semble qu’on puisse y arriver, Fermine assène une leçon d’histoire, comme par exemple sur l’invention de l’appareil photo, qui arrive un peu comme un cheveu sur la soupe : « Daguerre. Magie de l’histoire ou histoire de la magie. Tout est lié et tout se rejoint. On n’est pas loin du musée Grévin, de son Palais des Mirages, de jean-Robert Houdin et de tous les grands illusionnistes de cette époque fertile en génies qui, par leurs incessants travaux, allaient révolutionner le monde en emprisonnant le réel dans une petite chambre noire » (p.44). Certes, mais cela casse le rythme qui déjà a du mal à se mettre en place de manière efficace.
Le personnage principal possède une certaine épaisseur, mais est antipathique, en particulier dans sa relation avec les autres, dans des dialogues assez secs, et le lecteur a du mal à s’identifier à sa quête. Si dans Neige et le Violon Noir, Fermine a réussi à faire de la prose poétique efficace, il ne se laisse pas l’espace suffisant dans son dernier livre, et n’arrive finalement qu’à tomber dans des phrases rendues clichées par leur manque de développement.
Au final, un livre qui déçoit dès les premières pages.

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