mercredi 12 mai 2010

Virginia Woolf, l'origine du titre de ce blog !

Et maintenant, je m’aperçois, non sans plaisir, qu’il est sept heures, et que je dois préparer le dîner. Haddock et chair à saucisse. Il est vrai, je crois, que l’on acquiert une certaine maîtrise de la saucisse et du haddock en les couchant par écrit.
Virginia Woolf in Journal d’un écrivain (p. 1941 de l’édition 10-18, Mai 2003)


Il s’agit là de la dernière phrase du Journal d’un écrivain, que Leonard Woolf fit publier après la mort de sa femme, l’écrivain Virginia Woolf, qui s’est suicidée le 28 mars 1941, se laissant noyer dans l’Ouse, à Rodmell, dans le Sussex. Bien que ce ne soit pas la véritable dernière phrase de son journal, Leonard ayant préalablement effectué des coupes dans l’original (qui est beaucoup plus conséquent en volume), elle n’en reste pas moins énigmatique.

Virginia Woolf est aussi connue outre-manche que notre Proust national. Ecrivain du flux de la pensée, elle a radicalement changé l’horizon littéraire britannique, en son temps.

A l’occasion de mon voyage à Londres la semaine dernière, j’ai pu ramener quelques photos pour illustrer ce blog.

Tout d’abord, la maison du 22, Hyde Park Gate, là où est née Virginia Woolf, le 25 janvier 1882. Issue de la classe moyenne, orpheline de mère assez jeune, elle est restée dans cette maison, lotie en plein quartier résidentiel, jusqu’à la mort de son père en 1904.



Ensuite, la maison du quartier de Bloomsbury, dans Gordon’s Square. Le n°46. C’est là que s’est développé le groupe aujourd’hui connu sous le nom de Bloomsbury Group. De nombreux intellectuels anglais, dont l’économiste Keynes, se sont retrouvés ici durant leurs années d’université, pour ne plus jamais vraiment se séparer. Le groupe tournait autour des trois Stephens : Virginia, sa sœur, Vanessa, peintre, et leur frère Thoby. La vie de bohème que vivaient ces jeunes gens avait de quoi choquer, à l’époque. Elle contrastait en tout avec le mode de vie victorien dominant.






Puis Vanessa s’est mariée avec Clive Bell, et est allée habiter au 50 de la même rue.




Virginia et Thoby sont alors allés habiter un square plus loin, au 29 du Fitzroy Sq., où s’installèrent également les ateliers de l’Omega Workshop, au n°33.




Lors des dépressions de Virginia, il lui fut conseillé d’aller habiter dans la banlieue de Londres, loin de l’agitation de la capitale. Leonard et elle allèrent alors à Richmond (aujourd’hui à une vingtaine de minutes en métro), au n°17 de la rue The Green, face au Green Park.





J’ai également recherché la maison de Tavistock Square, le n°52, où les Woolfs habitèrent entre 1924 et 1939, année durant laquelle la maison fut bombardée (je n’ai pas retrouvé de n°52). C’est là qu’ils avaient monté leur maison d’édition, la Hogarth Press. Ils furent les premiers à traduire, puis éditer Freud, entre autres. La seconde photo représente le quartier de Bloomsbury, une rue transversale du British Museum, qui à l'époque de Virginia abritait la bibliothèque, celle-là même où elle passait énormément de temps.




Mon petit voyage s’est arrêté là, mais les Woolf ont encore déménagé, durant le Blitz, dans le Sussex, à Rodmell (la photo n’est pas de moi), où Virginia a mis fin à ses jours.


source : http://fashionrenegade.wordpress.com/2008/08/


Je ne peux pas m’empêcher, après ça, de vous conseiller très ardemment de lire Virginia Woolf. Elle fut un des premiers écrivains à écrire sur le flux de la pensée, comme Proust, mais de façon moins dense. J’y reviendrai probablement un jour, mais je vous conseille La Promenade au Phare, Les Vagues, et le célèbre Mrs Dalloway.

Voilà, j’ai été très évasive, pour plus d’infos la page Wiki est pas mal, c’était surtout pour justifier mon titre. Pour ceux qui sont courageux, le Journal d’un Ecrivain est assez fantastique à lire, mais il faut auparavant se plonger dans l’œuvre de Mrs Woolf.

Il ne faut jamais manquer une occasion de rendre hommage à cette grande dame !

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